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Nouveau pourparlers Ukraine-Russie, centrés sur les territoires
information fournie par Reuters 17/02/2026 à 02:01

par John Revill

Des délégations ukrainienne et russe se réunissent mardi à Genève pour un nouveau cycle de deux jours de négociations chapeautées par les Etats-Unis en vue d'avancer vers une issue à leur conflit, une réunion qui devrait être centrée sur la question des territoires - le principal point de contentieux.

Si Kyiv et Moscou ont fait part plus tôt ce mois-ci de discussions "productives" à Abou Dhabi, procédant dans la foulée à un échange de prisonniers, aucune avancée majeure n'a été signalée dans la perspective d'une fin au conflit de près de quatre ans, le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Donald Trump, qui s'était dit en mesure de négocier un accord en vingt-quatre heures seulement à son retour au pouvoir à Washington l'an dernier, presse les deux camps de parvenir à un accord de paix. Le président américain a présenté son homologue ukrainien Volodimir Zelensky comme un "obstacle" à la paix, ce que ce dernier a rejeté, se plaignant par ailleurs de faire l'objet de davantage de pressions américaines que le président russe Vladimir Poutine pour effectuer des concessions.

Moscou exige que l'armée ukrainienne se retire complètement de la région de Donetsk, dans l'Est ukrainien, dont les troupes russes n'ont pas réussi à prendre entièrement le contrôle depuis le début de leur offensive - une demande inacceptable pour Kyiv.

Principal point d'achoppement dans les négociations, la question des territoires devrait être au coeur des discussions prévues mardi et mercredi à Genève, hôte de ce nouveau cycle de pourparlers.

"Cette fois-ci, l'idée est de discuter d'un éventail élargi de questions dont, en fait, les principales", a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin. "Les principaux problèmes concernent à la fois les territoires et tout ce qui est lié aux demandes que nous avons formulées", a ajouté Dmitry Peskov.

La Russie a notamment exigé par le passé la garantie que l'Ukraine n'intègrera pas l'Otan et qu'aucun contingent de soldats étrangers ne sera déployé dans le pays.

Depuis le lancement le 24 février 2022 de ce qu'il a présenté alors comme une "opération militaire spéciale", Moscou contrôle environ 20% du territoire ukrainien, après avoir déjà annexé la péninsule de Crimée en 2014 et des parties du Donbass.

"L'IMPRESSION DE PARLER DE CHOSES COMPLÈTEMENT DIFFÉRENTES"

En parallèle aux cycles de négociation, la Russie a intensifié ses attaques contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine, privant des centaines de milliers de personnes d'électricité et de chauffage en plein hiver glacial.

La délégation russe dépêchée à Genève est menée par Vladimir Medinsky, un conseiller de Vladimir Poutine, a fait savoir le Kremlin. Le chef du renseignement militaire russe Igor Kostyukov participera également aux discussions, tandis que l'émissaire spécial Kirill Dmitriev sera chargé d'une réunion de travail distincte sur des questions économiques.

Le fait que les négociateurs ukrainiens ont accusé Vladimir Medinsky de leur avoir donné une leçon d'histoire pour justifier l'invasion de la Russie laisse présager de peu de progrès lors des pourparlers en Suisse.

S'exprimant samedi lors de la Conférence sur la sécurité à Munich, Volodimir Zelensky a dit espérer que les discussions seraient "sérieuses, substantielles". "Mais honnêtement, parfois, on a l'impression que les deux camps parlent de choses complètement différentes", a ajouté le président ukrainien.

Au moment de quitter Kyiv en direction de Genève, le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov, a déclaré que l'objectif d'une "paix viable et durable" n'avait pas changé. Le secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité et de défense sera accompagné notamment par le secrétaire général de la présidence ukrainienne, Kyrylo Boudanov.

En plus de la question des territoires, Kyiv et Moscou affichent des divergences importantes sur le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia et sur le potentiel rôle joué par des troupes occidentales dans l'Ukraine d'après-guerre.

Steve Witkoff, l'émissaire spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, gendre du président américain, représenteront Washington lors de ce cycle de pourparlers, a déclaré à Reuters une source informée de la question. Witkoff et Kushner doivent également prendre part à Genève à des discussions avec l'Iran.

(John Revill, avec la contribution d'Olena Harmash à Kyiv; version française Jean Terzian)

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